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Une société analytique comme la nôtre a tendance à mépriser le sentiment et l'intuition comme dépourvus de valeur cognitive, mais c'est là un simple préjugé. La science considérée unanimement comme porteuse de connaissance, fait reposer beaucoup de ses trouvailles sur une intuition postérieurement démontrée comme certaine, et l'étude philosophique du sentiment humain a suffisamment démontré sa capacité de transmettre la connaissance, si on y prête l'attention requise.
Voici donc une collection construite sur la pratique d'un goût développé, raffiné, d'une observatrice attentive de l'art, qui a su prêter à ses sentiments l'attention requise, au point d'en tirer des critères. Une femme qui a observé attentivement, qui a comparé constamment, qui connaît la pratique artistique, qui a raffiné ses sens et a regardé l'art sans préjugés. Un exemple de ce que les esthètes éclairés appelaient un " homme de bon goût ". Et sur ces caractéristiques repose la cohérence de sa collection. Comme beaucoup d'artistes, Cérès croit au monde individualisé des enfants, des objets ethnographiques, des fous qu'autrefois on appelait génies, elle croit à une ahistoricité qui transcende la temporalité. Tel est l'art pour elle. L'action des lois immuables. Ce que nous présentons n'est pas la collection Cérès Franco, ce que nous présentons c'est Cérès Franco elle-même.
Marie-Thérèse Beguiristain, De l'art sous pression (extrait).
Après avoir étudié l'histoire de l'art à l'Université Columbia et à la New School à New-York, Cérès Franco d'origine brésilienne part pour l'Europe afin de compléter sa formation, par la visite des principaux musées. En 1951, elle s'installe définitivement en France et collabore comme critique d'art des journaux de son pays. En 1962, elle organise sa première exposition de peinture à Paris, rue de Seine, où pour marquer une différence de formes, outre celle des contenus, elle demande à ses premiers artistes de travailler sur un format ovale ou rond. La première exposition s'appellera l'Oeil de Bœuf, et ce nom deviendra le logo des diverses expositions qu'elle réalisera, tant en France que dans d'autres pays, et deviendra le nom de sa propre Galerie d'Art de la rue Quincampoix, ouverte en 1972. Son travail à partir de cette Galerie sera vite reconnu.
En 1962-63, dans le cadre d'un grand projet et sous la présidence de Jean Cocteau, elle organise l'exposition Formes et Magie au Bois de Boulogne, où elle réunit des sculptures de Germaine Richier, Henri Laurens, César, Etienne Martin, Picasso, Arp ou Max Ernst, entre autres. Depuis 1964, elle est membre de l'Association Internationale des Critiques d'Art. En 1972, elle est nommée Commissaire de la sélection brésilienne de la Troisième Biennale d'Art Insitique de Bratislava et reçoit le prix de la meilleure sélection nationale. En 1975, elle reçoit en France le titre de Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres.
De sa galerie l'Oeil de Bœuf, inaugurée 1972, elle a soutenu les artistes représentatifs de la Nouvelle Figuration, néo-expressionnistes et naïfs profondément authentiques, reprenant la tradition des premières époques de Dubuffet ou du groupe Cobra (elle a exposé Corneille et Lucebert). Elle a entrepris un grand travail de recherche et a découvert des créateurs originaux, autodidactes et anticonformistes, précurseurs de nouvelles formes, auxquels à plusieurs reprises elle a donné une première chance en exposant leurs œuvres : Jaber, un tunisien bohème de Beaubourg, ou Chaïbia, la première femme peintre du Maroc, pour exemples. Rustin, Grinberg, Macréau, Paella Chimicos, Yvon Taillandier, Eli Heil, Jean Marie Martin. De nombreux artistes avec lesquels elle a participé, depuis de nombreuses années, à la FIAC et qui ont fait partie de la dotation du Fond National d'Art Contemporain de France. Elle a réuni une des collections les plus singulières du monde, constituée de plus de mille cinq cent pièces d'un art qu'elle aime et auquel elle croit.
Bernard Plossu, un des plus grands photographes français contemporains, est en train de renouer avec une tradition bien peu française, celle de la photographie de paysage. Sur un territoire naturel, celui de son propre pays, la France.
Photographier le paysage n'a jamais constitué un enjeu important pour la photographie française. Ce sont plutôt les américains qui ont exploré cette tradition. Mais photographier le paysage rural est de moins en moins fréquent. Si quelques artistes se sont consacrés au paysage urbain (en particulier en Allemagne, avec « l'école de Düsseldorf»), peu, à notre époque, veulent s'intéresser à une nature calme: sans doute pensent-ils qu'elle n'est plus une réalité, tout au plus un mythe.
Bernard Plossu prend les choses de façon plus simple: si, muni d'un appareil photographique allégé (petit format, objectif de 50mm « normal, pellicule noir et blanc), on décide de contempler la France profonde du point de vue d'un marcheur, livré aux découvertes visuelles inattendues d'un paysage sans drame, heureux, négligé le plus souvent par des observateurs qui refusent d'en accepter l'évidence d'une beauté encore miraculeusement intemporelle, alors tout change. Le style refuse l'emphase, réduit la vision à des éléments simples, des lignes harmonieuses qui n'attendaient que leur révélation photographique. Devant ces images au comble de la simplicité expressive, on se dit: « Mais oui, c'est encore comme cela, cela « résiste ». ». Comme s'il fallait le regard pacifié d'un photographe au comble de son art, porté par l'extraordinaire efficacité d'un langage simplifié, pour que nous puissions atteindre à la révélation contemporaine du paysage français dont, depuis le peintre Corot, seuls quelques grands artistes avaient retenu les leçons.
Gilles Mora
Site Officiel de l'Office de Tourisme et de la ville de Carcassonne - www.carcassonne.org

Samedi 22 Mai au Samedi 30 Octobre 2010 - Jardin du Musée


Samedi 12 Juin au Lundi 27 Septembre 2010 - Halle à la Volaille, rue Verdun


Lundi 5 Juillet au Samedi 16 Octobre 2010 - chapelle des Dominicaines, 19 rue de Verdun

Samedi 11 Septembre 2010 à 21h - Jardin André Chénier

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